Yvaral
GRAV
GRAV
Groupe de Recherche d’Art Visuel
1960-1968
L’étude des phénomènes visuels produits par certains arrangements de surfaces ou de volumes fixes ou en mouvement a été jusqu’à maintenant tres peu approfondie. C’est précisément à ce problème que le Groupe de Recherche d’Art Visuel désire s’attaquer. Notre préoccupation essentielle est d’établir, avant de prétendre à une creation acceptable, la codification des signes, réseaux, structures, et de certaines constantes physiques ou optiques.
Sur de nombreux points, notre méthode de travail et notre technique de recherche se rapprochent de l’homme de science. De ces etudes naissent de nouvelles connaissances, non plus disparates, mais codifiées cette fois; elles constitueront ainsi de nouvelles bases pour de nouvelles recherches qui nous feront progresser vers notre but: la connaissance du “phénomène visuel”.
Yvaral, 1962

Deplacement Acceleration, 100 x 100 cm, 1961-1962

Disque à manipuler, 120 cm, 1963

Interférence, 120 x 120 cm, 1966

Yvaral with Variation sur le carré on the background, 1965

Kinetic panels (Instabilité) installation with Yvaral, Morellet and Le Parc, Ca 1963

Le Grav - Morellet -Stein - Yvaral - Sobrino - Garcia, Rossi Le Parc, 1965

Mur d'Interférences 6,5 x 2,8 m

Pavillon Français Expo Universelle Montreal, 1967

Structure changeante, 120 x 120 cm, 1966

Yvaral standing next to a Cube Six Trames, 1963
Le Groupe s’est constitué sur des refus très affirmés, mais la théorie ne se précisa que peu à peu. Au début, les artistes concevaient leur lieu de rencontre comme un « centre », c’est-à-dire un laboratoire où convergeraient des données exactes, une sorte de banque d’informations. S’organisant sur des bases en vigueur chez les scientifiques, ils se fixent des buts peu communs dans le milieu des peintres :
1) Dépassement du mythe de l’artiste-créateur inspiré. Le plasticien est un technicien, un ingénieur.
2) Travail d’équipe.
3) Pas de possession d’un genre artistique.
Les recherches de l’un pourront servir de point de départ pour un autre, tout comme chez les scientifiques où une découverte peut aussitôt être utilisée par tous les autres.

Centre de Recherche d'Art Visuel, Acte de fondation, 1960

Manifeste GRAV, 1961

Proposition sur le Mouvement, Stockholm, 1962

Manifeste GRAV, 1963

Labyrinthe 3, New York, 1965

Labyrinthe 3, New York, 1965

Une journée dans la rue, Paris, 1966

Museum am Ostwall Dortmund, 1968

Grupo de Arte Visual, Santander, 1969
Yvaral, au sein du Groupe de Recherche d’Art Visuel (GRAV), s’occupe principalement des problèmes de moirage, réalisés à l’aide de fils vinyliques. Dès l’année 1960 apparaissent les « plans-espaces », qui changent selon l’angle de vision. De face, l’objet donne l’illusion du plan, mais, selon les déplacements du spectateur, les carrés concentriques, rigoureusement semblables, se transforment en ellipses.
Contrairement à Soto, qui ne chercha jamais à systématiser le moirage, Yvaral pousse très loin l’analyse scientifique du phénomène. Après ses « plans-espaces », il multiplie les possibilités en se servant de plans inclinés, en diversifiant les réseaux de fond et en superposant plusieurs niveaux de structures. Les accélérations optiques, qui utilisent plusieurs rangées de fils transparents, produisent des effets de mouvement virtuel plus rapides que le déplacement du spectateur.
Il y a presque une volonté encyclopédique dans les recherches de Yvaral. L’effet de moiré est tour à tour obtenu par des cubes ou des polyèdres. Durant près de six ans, Yvaral concentre ses études sur le dosage exact du moirage cinétique.
Sur le plan théorique, les recherches du GRAV sont clairement définies. Il y a la décision de sortir de l’émotion, du signifiant. L’œuvre est un événement réel auquel il n’y a rien à comprendre. C’est un spectacle visuel qui n’exige aucune culture artistique spéciale pour pouvoir être apprécié.
Le rapport artiste-spectateur, au début du GRAV, est réduit à la seule vision. Peu après, l’idée de participation intervient. D’abord, l’œuvre intègre le déplacement du spectateur, puis elle exige sa collaboration active.
Otto Hahn